QUAND LA DOULEUR TROUVE ENFIN SON NOM: ENDOMETRIOSE

Je m’en souviens comme si c’était hier.  Ma première douleur. Elle est arrivée brutalement. En cours de français. Un samedi matin. Vers 10h30. Il y avait du soleil et il faisait frais. Un temps idéal. J’ai eu peur devant une telle douleur. En rentrant, je me suis couchée, pliée en deux, puis en quatre, les larmes coulaient toutes seules. J’avais mal.
Ma mère a suggéré que je me lave les pieds. Le lavage de pieds. Son remède universel. Une de mes tantes est venue à mon secours quelques mois plus tard. « On peut lui donner du paracetamol pour la soulager » . Ça m’a soulagée un peu.  C’était déjà beaucoup.

L’endométriose et moi cohabitons depuis 32 ans. Elle le savait. Moi pas. Je l’ai appris hier de la bouche d’un spécialiste de la chose. Pour la première fois depuis 32 ans (arrivée des premières règles)(Glamour quand tu nous tiens) j’ai entendu « Madame, vous avez mal depuis 32 ans parce que vous vivez avec l’endométriose. Votre douleur est normale avec cette maladie. Mais il n’est pas normal d’avoir eu mal tout ce temps » . Cher docteur spécialiste de la chose, je t’aime pour ces mots. La plupart des femmes qui sont touchées attendent entre 5 et 10 ans pour avoir un diagnostic. J’ai attendu 32 ans.

Il y a eu ce premier rapport sexuel. Douloureux. Il parait que ça fait toujours mal la première fois. Et la deuxième? La troisième? Après la douleur, c’est la honte qui m’a envahie. J’étais anormale, forcément. Devant les copines j’ai crâné et cloué le bec à cette douleur. Hors de question que cela se sache. La honte était plus insupportable encore que la douleur pourtant vive.

Il y a eu ces gynécos. Nombreux. Ceux à qui j’ai dit ma douleur pendant les règles. Ceux qui ont répondu que ça arrivait parfois. C’est comme ça. Pas de chance ma pauvre carne. Ceux à qui je répétais qu’ils pouvaient aller se faire foutre avec leur spasfon. Ceux, moins nombreux, à qui j’ai osé livrer le plus intime, à qui j’ai raconté mes douleurs pendant la plupart des rapports sexuels. Ceux qui ont répondu que ça arrivait parfois. Pas de chance ma pauvre carne. Ceux qui m’ont asséné des « faut vous détendre madame, ça ira mieux! » . Putain de maudite phrase.

Il y a eu cette honte grandissante, ces sentiments d’anormalité et de culpabilité qui m’ont enfermée bien trop longtemps. Cette angoisse des rapports. Ces règles insupportables. Ces douleurs pelviennes chroniques.

Il y avait aussi, sans que je n’ai jamais pu faire le lien, ces douleurs dans le bas du dos, constantes. Ces intestins totalement fous et sans pitié. Ces crises à hurler de douleur sur les toilettes (glamour un jour, glamour toujours). Cette fatigue chronique, grandissante au fil des années.

Depuis 32 ans, j’ai mal, en moyenne 7 à 10 jours par cycle (plus si affinité). Cycles de 23 à 25 jours. Je n’ai pas fait de calcul, mais ça fait beaucoup de temps perdu à souffrir. Beaucoup trop.

Aujourd’hui, il y a encore la douleur, les douleurs, mais plus la honte. Aujourd’hui je sais. Ma généraliste (que je ne remercierai jamais assez), après 15 minutes de discussion, m’a envoyée voir ce spécialiste « juste pour être sûre » . Lui a confirmé « pas une forme des plus sévères (Chouette!), mais une belle endométriose madame » .  Aujourd’hui je sais que ce n’était pas dans ma tête. C’était dans mon corps. Pour de vrai.

Aujourd’hui j’ai pleuré (as always) de colère, de frustration. J’ai pleuré sur ces années bien trop souvent gâchées par ces douleurs. J’ai pleuré parce que je leur ai dit, répété, rabâché ma douleur, sans écoute, sans réponse. Aujourd’hui j’ai pleuré de soulagement, presque de joie. Ma douleur avait enfin un nom.

Vivement la ménopause.

Pour en savoir plus sur le pourquoi du comment de cette maladie, tu peux aller ICI.

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L’ART DE LA PROPAGANDE PAR OMISSION (OU COMMENT PRENDRE LES ELECTEURS POUR DES CONS, ENCORE!)

Hier j’ai reçu mon kit de vote. Mon prêt-à-voter-tout-en-un. En ouvrant la grande enveloppe marron, j’ai eu comme un doute. J’ai vérifié. Mon doute a disparu. Il manquait bien un candidat dans l’enveloppe. Mon candidat. Celui qui n’a aucune chance et dont visiblement, dans le doute, on souhaite qu’il n’ait aucune chance-pour-de-bon et le moins de voix possible.

D’après ce que j’ai pu lire sur les réseaux sociaux, c’est arrivé souvent durant ces dernières élections. Souvent il manquait un ou deux candidats et leurs programmes dans le kit prêt-à-penser-voter. Je pensais à des erreurs humaines. C’est bien connu, l’erreur est humaine. Mais si cela nous arrive à nous, mon candidat et moi, le doute n’est plus permis. Si mon enveloppe est incomplète, c’est forcément malveillant. C’est forcément une propagande bon marché sur le dos des électeurs. C’est forcément une tentative de manipulation minable.

Hier soir, j’étais furieuse devant cette tentative « prenons-les-électeurs-pour-des-cons » . J’ai arraché puis jeté l’enveloppe, les bulletins et les tracts dans la poubelle (jaune). J’irai voter dimanche, jour de mon anniversaire (un indice sur l’âge: je serai enfin plus proche des 50 ans que des 40 ans). J’irai voté dimanche pour mon candidat, malgré vos tentatives d’influence pathétiques pour grapiller des voix. Je ne voterai pas utile. Je ne voterai pas mouton. Je voterai conviction.

 

 

 

EDIT: je suis cette blonde qui s’est trompée. Son candidat n’est pas au second tour. J’irai donc voter une fois encore pour « le moins pire » . Ceci dit, ce texte vaut pour tous ces bulletins absents des autres enveloppes.

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ETRE MERE…

Je n’aime pas que les enfants me rejoignent dans le lit le matin. Je me suis forcée à une époque, parce que eux aimaient ça. Puis j’ai arrêté de me forcer, parce que moi je n’aime pas. Vraiment pas. Viscéralement pas. J’aime qu’on me fiche la paix le matin (le midi et le soir aussi). Surtout Même mes gosses. Sauf mon chat. Lui peut venir foutre sa queue et ses poils dans ma bouche (Hop hop hop. Je parle toujours du chat là!) pour me réclamer son petit déjeuner, cela ne me dérange pas. C’est comme ça.

Si les gosses sont parfois frustrés, ils ont pourtant appris à faire avec ça… sans ça… et sans un tas d’autres choses que font les mères mais que je ne fais pas. Parce que je n’ai pas cet instinct maternel que brandissent les mères parfaites pour culpabiliser les autres, celles comme moi. Celles qui n’acceptent pas tout. Celles qui ne font pas tout bien et ne cherchent pas forcément à y parvenir. Celles qui parfois se demandent « mais pourquoi j’ai voulu des gosses déjà? » . Celles qui protégent leurs mômes, celles qui angoissent pour rien… mais ne font pas tout pour et autour de leurs gosses. Celles qui n’aiment pas jouer avec leurs enfants. Celles qui ne sont pas toujours prêtes à supporter les gosses des autres pour faire plaisir aux leurs. Celles qui pensent que leurs vies valent autant que celles de leurs progénitures. Celles qui ne font pas toujours passer leurs enfants en premier. Celles qui pensent que leurs envies et non-envies sont aussi importantes que celles des minis-elles. Parce qu’être mère ne veut pas dire renoncer, se forcer, être obligée. Pas tout le temps. Pas à tout prix.

Je suis cette mère qui ne dort que d’une oreille la nuit, à l’affut des problèmes enfantins nocturnes, mais qui, le jour levé, va débuter sa journée en savourant en solo son oreiller couverts de poils (je te parle toujours du chat!).

Mes enfants le vivent bien. Moi aussi. Le chat aussi.

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COMMENT EN EST-ON ARRIVÉ LÀ, CYRIL?

J’ai un aveu à te faire. Aux débuts de ton émission sur France 4, je te regardais au hasard d’un zapping. Ça me detendais. Un petit programme sans grand interêt si ce n’est celui de passer un petit moment sympa sans prétention qui valait mieux que l’ennui. Il n’y avait pas de mal à ça. C’est ce que je croyais.

J’ai un aveu à te faire. Tu es arrivé sur feue D8 et on t’a regardé souvent, tous les jours ou presque. Avec les enfants. On se marrait. On est bon public dans la famille. On est du genre à chanter « qui a du caca kaki collé au cucul » . Alors nous avons chanté tes sardines, abusé de ton « dans ton cul » sans nous poser de question. Il n’y avait pas de mal. C’est ce que je croyais.

J’ai un aveu à te faire. On a tenu plusieurs mois, à rire, écouter d’une oreille, parfois deux. A assumer. A le vivre bien. A parler de toi à table avec une certaine sympathie rigolarde. A danser des épaules. A jouer à « tu l’as vu? » plus que de raison. On a tenu bon grâce à une bonne grosse fidelité paresseuse. Il n’y avait pas de mal. C’est ce que je croyais.

Pour ne je sais quelle obscure raison, nous sommes doucement passés à autre chose. Sans en prendre conscience, notre page tpmp se tournait doucement, presque imperceptiblement. Quand le hasard de la télécommande nous mettait face à toi, parfois nous riions, mais pas tout à fait comme au bon vieux temps, comme à nos débuts, quand la paresse nous rendait aveugle… parfois un certain dépit et un petit arrière gout amer apparaissaient même. Parfois nous ne comprenions pas pourquoi nous ne riions plus. Parfois nous ne nous souvenions plus ce qui avait bien pu nous faire rire. Il n’y avait pourtant pas de mal à ça. C’est ce qu’on croyait.

Pour je ne sais quelle obscure raison, nous avons finalement interdit aux enfants de regarder ton émission pas si familiale. Finalement, nous ne te regardons plus du tout depuis 2 ou 3 ans (plus? Le temps passe vite quand on est bien loin d’une personne). La lassitude et le recul nous ont sevrés, définitivement. Pour je ne sais quelle obscure raison, nous avons fini par totalement déserté C8 et toi. Obscures mais salvatrices raisons. Il n’y a pas de mal à ça.

L’histoire aurait dû s’arrêter là. Mais les réseaux sociaux et l’internet m’en ont raconté de belles pas si belles à ton sujet. Des polémiques honteuses. Des paroles douteuses. Des blagues méchantes. Des buzz  humiliants. J’en ai vraiment entendu des moches à ton sujet. Alors je suis revenue te voir une ou deux fois, pour me faire ma petite idée sur ton petit sujet. Je n’ai plus ri. Je n’ai pas compris. Je ne parle pas ici de ton équipe qui a la dignité qu’elle mérite. Je parle de tes  « je l’adore » qui répandent une sale odeur de moisi. De tes « mes chéris » qui sentent « mes couillons ». De tes « cadeaux » qui ressemblent à des points de fidelité. De tes « on se dit tout vous savez ici » qui empestent la fake news. Du buzz à tout prix. De tes blagues gratuites auprès de ceux qui n’ont rien demandé à personne. De celles qui puent la crasse. De ta bonne conscience pavée de fausses bonnes intentions qui t’autorisent trop et ne peuvent tout excuser. Elles sentent le mensonge et écrasent le respect. Il y a du mal à ça. C’est ce que je crois. Comment on en est arrivé là, Cyril?

Tu as raison sur un point Cyril. La télé c’est que de la télé. Malgré tout, elle mérite mieux. Nous méritons mieux.

 

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