AU PAYS DE LA FESSEE INTERDITE…

Dans 3 jours, nous partons vers la Laponie pour y passer les vacances de noël. La partie finlandaise de la Laponie. Trois jours… une éternité pour mon 8 ans qui compte les heures. Un défi pour moi (j’exagère) qui n’ai pas fini (et loin de là) les valises. Dans 4 jours, à minuit, nous atterrirons en Finlande ( après un long voyage aérien de 12 heures et 2 avions), prêts pour un road trip de près de 1000 km en voiture pour monter jusqu’à notre destination finale.

La Finlande, le pays du père noël. Mais aussi, la Finlande, le pays où, depuis 1983, toute violence éducative est interdite. Pas de martinet, pas de ceinture, pas de fessée ou autres joyeusetés.

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Sans en abuser, sans en être fiers, sans excuse, il nous arrive, à l’homme et moi, d’avoir nos mains qui claquent sur les fesses de nos enfants. Plus par impuissance que par volonté de faire passer un message éducatif. Très honnêtement, je ne vois aucun message éducatif dans une fessée. Très honnêtement, je ne m’aime pas lorsque « ça part ». Très honteusement, j’admets avoir parfois eu du mal à retenir mon geste. Très heureusement, après une période difficile avec notre grand il y a deux ans où, désarmés par son comportement, nous avons pété les plombs, nous nous sommes faits aider. Très heureusement, nous avons compris le pourquoi du comment. Très honnêtement, j’avoue qu’il nous arrive encore de mettre des fessées. Très heureusement, nous sommes sur un meilleur chemin.

En Finlande, quelque soit l’état d’implosion dans lequel pourraient nous mettre nos zouaves (et nous savons qu’ils n’y manqueront pas), notre main ne devra pas partir, sous peine de sanction pénale. En Finlande, nous allons devoir trouver une autre alternative à la fessée pour soulager notre impuissance et évacuer notre colère.

Je n’ai aucun doute sur le fait que nos vacances seront bonnes. Je n’ai aucun doute sur le fait que nos enfants nous ferons voir rouge. Je n’ai aucun doute sur le fait que nous trouverons des solutions adaptées.

J’ai longtemps été contre l’interdiction de la fessée. A coup de pathétique « une fessée n’a jamais tué un enfant« , de « à cause d’une telle loi on mettrait les parents maltraitants et les parents feSStoyants dans le même sac, c’est abusé » ou encore de « nan mais c’est n’importe quoi. Ça échappe à tout le monde à un moment ou un autre. On ne va pas punir tous les parents« , je défendais mon droit de fesser mes enfants pour leur bien pour mon bien, par facilité.

Quand j’ai réalisé que le pays du père noël était aussi celui de la fessée interdite, j’ai souri. Bien sur que nous n’en donnerons pas à nos enfants là haut. Bien sur que nous vivrons très bien mieux sans ça. Bien sur que nos enfants n’en iront que bien et nous, parents, n’en serons que plus sereins. Tout ça à cause de quoi grâce à quoi? Une loi. Cette loi que je décriais il y a peu. Cette loi qui va nous demander, à nous parents feSStoyeurs, des efforts difficiles mais finalement positifs. Nous pensons franciser nos « habitudes éducatives » finlandaises, à notre retour. Une fois le bâton retiré, aurons-nous toujours la même énergie pour y parvenir? Nous espérons.

Avec le recul, je suis pour une loi qui obligerait les parents à trouver d’autres solutions que la fessée.

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A propos La Carne

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24 commentaires pour AU PAYS DE LA FESSEE INTERDITE…

  1. Cristophe dit :

    Si les enfants sont au courant que la fessée est interdite là-bas, il y a des risques qu’ils te provoquent…

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  2. fedora dit :

    c’est pas faux… la fessée c’est clairement plus un « dérivatif » à la colère des parents qu’un truc ayant une réelle valeur éducative… maintenant, je t’avoue que moi aussi, parfois, ma main est partie « toute seule »… même si ça fait tellement longtemps que j’ai oublié quand… répondre à un comportement inadéquat par un comportement violent… c’est un message un peu étrange pour un gosse… maintenant, j’ai vu un doc sur ce qui se passait en suède à ce niveau… les services sociaux ont enlevé 2 gosses à leurs parents à cause d’une fessée perdue… et d’un gosse à qui ça a échappé à l’école… quand je vois les atrocités commises sur certains enfants ici (sans que des structures sociales n’interviennent efficacement), je trouve ça un peu abusé… vaste débat !

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    • La Carne dit :

      cette crainte d’abus était, est un de mes arguments contre cette loi. J’avais déjà entendu parlé de ces abus… même des enfants en colère qui ont dénoncé leurs parents qui n’avaient rien fait. c’est flippant. Je pense aussi que ce n’est pas en punissant les parents qui mettent des fessées (et je ne parle bien que de fessées occasionnelles et pas de maltraitance pathologique). Il doit y avoir d’autres solutions. Reste à trouver lesquelles. Mais, même si c’est triste à dire, c’est souvent la peur du gendarme qui force certains à se tenir à carreaux…

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  3. Laurence dit :

    Je CRIE! Et ça me soulage …
    et c est assez efficace sur mes enfants

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  4. axelle57 dit :

    J’ai été une maman feSStoyeuse avec mes 3 aînés. A l’époque, j’ignorais qu’on pouvait faire autrement.
    A la naissance de N°4, il y a 12 ans, j’ai découvert un autre monde, celui de l’éducation respectueuse. Le chemin a parfois été difficile, mais tout le monde en a bénéficié :-). Et je suis fière aujourd’hui de pouvoir dire que N°4 et , élevés sans fessées (et sans punitions), sont des enfants bien élevés, respectueux des autres et d’eux-même, loin des tyrans que les pro-fessées brandissent comme un épouvantail quand on parle d’une loi pour interdire les châtiments corporels.

    En fait, la seule qui ai réussi à vraiment mettre à mal mes convictions et à me faire ressentir des bouffées de violence atroces (sans que je passe à l’acte), c’est ma belle-fille (même âge que N°5), élevée par une mère trop feSStoyeuse et même pire puisqu’il y a eu des coups de ceinture…

    En ce qui concerne la mise en place d’une loi, je pense que ce serait quand même un bon message dans le sens où actuellement, en France, on punit quelqu’un qui frappe sa femme, ses animaux, mais pas ses enfants. Mais il faudrait qu’elle soit appliquée intelligemment, avec un véritable accompagnement des parents pour les aider sur la voie d’un nouveau mode éducatif.

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    • La Carne dit :

      Un jour, j’ai entendu à la télé quelqu’un dire à propos de la fessée, en gros « les parents disent que ça part tout seul, sous le coup de l’énervement… mais un adulte les mettrait dans le même état, ils ne taperaient pas, ils contrôleraient… alors pourquoi ne pas controler avec un enfant?! »… ça fait tilt! vraiment une solution de facilité la fessée.
      Moi j’ai été éduquée à coup de violence psy et de gifles carabinées… je sais les dégâts que ça peut faire…

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  5. Polina dit :

    Quand j’étais jeune, y avait pas besoin de fessée pour me faire changer d’avis…Ma mère me menaçait simplement de « ne plus m’aimer ». Autant dire que c’était la fin du monde, elle m’a longtemps mené à la baguette avec cette technique !

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    • lydouee dit :

      Dieu sait que je suis anti châtiments corporels. Tout ce qui est violent me fait peur.
      Le chantage psychologique est aussi une violence. L’employer est parfaitement infecte.

      Je sais de quoi je parle, ayant eu droit aux coups jusqu’à un âge avancé (je ne les méritais certes jamais, mais n’étais pas sans cesse battue non plus), et ayant bouffé du chantage psy avec une régularité de métronome. Je crois que c’est encore plus à vomir : faire croire au gosse, non pas qu’on éprouve pour lui un amour inconditionnel, mais qu’on l’aime s’il répond aux normes qu’on fixe en tant que parent, et que si le comportement du gosse n’entre pas dans le cadre définit par le parent, l’amour sera perdu. Plus castrateur, je ne connais pas.
      J’ai vécu avec cette peur au ventre une bonne partie de ma vie, même en temps qu’adulte, jusqu’au jour où j’ai décidé que tout glisserait sur moi, et que si l’amour était conditionnel il ne valait pas tripette et qu’on pouvait se le garder. En agissant ainsi, j’ai eu la preuve qu’on voulait juste me faire croire que cet amour était conditionnel, car en fait il était bien inconditionnel… mais avant que j’ose affirmer me foutre des conséquences de mes actes et paroles pour en avoir la preuve, j’ai vécu dans la peur, je suis allée au devant des attentes pour être la gentille fifille qui faisait bien là où on lui disait de faire. J’ai fait ma crise d’ado une fois devenue adulte… étrange sans doute, mais si nécessaire. Par contre, les parents ne captent plus rien. Mais ça, j’m’en suis grave foutue !

      Aujourd’hui, ça a tant débordé, j’ai si bien appris ma leçon que je fonce sur tout ce qui envisage de se mettre en travers de ma volonté et fait fi de mes désirs.
      Je me fous à un point quasi surnaturel d’être ou non aimée, j’affirme sans aucun scrupule mes sentiments quand je n’aime pas moi-même. Aucune diplomatie, certes, mais une certitude : j’aime et suis aimée sans hypocrisie, pour les bonnes raisons, pour ce que je suis, pas ce qu’on voudrait que je sois.

      Je n’établis pas une échelle de valeurs quant aux dégâts provoqués par les violences physique et psychologique, je les pense tout aussi néfastes et lourdes de conséquences.

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    • La Carne dit :

      Menacer de ne plus aimer ses enfants est terrible. Je rejoins assez Lydouee. Bon, sauf que moi j’ai encore besoin de me sentir aimée par certains. J’ai toujours expliqué à mes enfants (notamment après de grosses crises) que, quoiqu’il arrive, quoiqu’ils fassent, on les aimerait toujours, que se fâcher contre eux n’indiquait pas du tout un désamour. Mes enfants ont connu un abandon. Notre grand est parfois inquiet par rapport à ça. Je ne veux pas qu’il vive une seule seconde avec cette peur.

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  6. Nath dit :

    A 17, 14 et 12 ans il y a bien longtemps que je ne mets plus de fessées à mes filles, j’en ai d’ailleurs très rarement données, la simple menace de ma main qui allait arriver sur une fesse suffisait à calmer les ardeurs… J’ai beaucoup plus abusé de la punition ou de l’isolement dans la chambre le temps que les esprits s’apaisent, et il m’arrive encore d’en envoyer une dans sa chambre lorsque je sens que ça va aller trop loin, ensuite quand tout le monde est plus calme alors on peut dialoguer…

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    • La Carne dit :

      A l’époque où notre 8 ans a fait une grosse crise de mal être, quand on l’envoyait dans sa chambre (et que l’on parvenait à l’y mettre, il luttait), il cassait tout ou presque… maintenant ça va. il crie à l’injustice, aux mauvais parents, mais il y va. Ensuite nous parlons.

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  7. Oscara dit :

    J’en ai peu donné aux miens, mais j’avoue qu’à chaque fois, ça a permis de calmer tout le monde, y compris moi. Alors une loi… pourquoi pas… ce qui me gêne c’est qu’il en faut pour obliger nous parents à penser à d’autres méthodes… ça veut dire qu’on est assez nul !!! 🙂 Bisous

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    • La Carne dit :

      sans être nul, nous allons souvent à la « facilité » soulageante. Plus qu’une loi punitive, je pense qu’il faudrait un texte, une idée de l’éducation qui oblige les parents à trouver d’autres solutions… y a du boulot! 🙂

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  8. j’en ai peu reçu, et je pense que les punitions c’est meilleur, ça marque plus en tout cas ! 🙂
    Merci pour cette petite info, la finlande me fait deja reve pour son systeme educative (le meilleur au monde). Vive la Finlande 😀

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    • La Carne dit :

      je ne savais pas pour le système éducatif! je sens que je vais adorer ce pays! 🙂
      Les punitions ici sont fréquentes… plus ou moins efficaces… Ce que j’ai essayé de faire, en premier, a été de moins souvent dire non aux enfants… je le disais souvent, pour garder le contrôle, par angoisse… j’ai appris, et j’apprends encore à le dire un peu moins… pour leur laisser un peu plus de latitude… On le dit encore. Les limites sont nécessaires… mais plus pour tout et n’importe quoi.
      vive la finlande! 🙂

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  9. J’aime beaucoup cet article sur la fessée. Enfin un ton non moralisateur ! Je pense pour ma part qu’il y a d’autres manière de faire passer le message et j’essaie mais ce n’est pas toujours facile de rester calme… nous sommes humains et parfois fatigués. Mais je n’aime pas la fessée, sachez le 😉

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    • La Carne dit :

      j’aime à croire que même ceux qui fesstoye leurs enfants n’aiment pas la fessée non plus… il y a bien entendu d’autres moyens de faire passer le message. heureusement! 🙂 en tout cas, notre 8 ans nous en a fait baver pendant ces vacances… aucune fessée pour autant… quel gâchis! je plaisante! 😉

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  10. Marie dit :

    Dans la plupart des pays européens, la violence éducative est interdite… il n’y a pas qu’en Finlande, mais aussi en Allemagne, en Suède, aux Pays-Bas, au Portugal, en Espagne, etc. etc. que la fessée et toute autre violence éducative sont interdites. La France et l’Angleterre ne font pas bonne figure en la matière…

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