APRES LES HASHTAGS, L’OUBLI?

Je ne sais pas quoi penser de toute cette affaire, ces affaires. De tous ces délits. De toutes ces langues qui se délient. Enfin si, je sais. Le harcèlement (sexuel ou autre), est à vomir. Même tarif pour l’abus de pouvoir. Ceux qui s’en servent comme d’une arme sont des pourritures finies et doivent être condamnés. De cela, je suis sûre. Concernant le reste, je me pose des questions.

Je crains que dans deux semaines… un mois… on n’en parle plus. Les hashtags en série qui pullulent sur la toile me laissent perplexe. Je n’ai rien contre eux. Mais je songe tristement que, comme à chaque fois, on passera à autre chose rapidement, un évènement en chassant un autre. Un nouveau drame à la mode débarquera sur nos écrans ; celui qui dopera les ventes et fera grimper l’audimat des médias ; celui qui trompera l’ennui, l’ennemi ; celui qui nous détournera d’un autre scandale, d’un autre événement, d’une nouvelle loi controversée en cours de préparation, etc.

Je crains que ces hashtags soient vains. Je n’ai pas épluché avec minutie les réseaux. Du peu que j’ai lu, aucun porc n’a été balancé. J’ai vu des femmes raconter leurs histoires douloureuses, violentes, en quelques mots, quelques malheureux tweets. Mais aucun nom de harceleur (je ne parle pas ici des personnalités publiques, mais des anonymes, des vous et moi). Ne pas afficher le nom de son agresseur est un choix respectable et louable que je respecte et approuve. Mais ensuite? Ces femmes iront-elles porter plainte? Ce sera sans aucun doute éprouvant. Mais sans plainte, ma crainte se confirmera. Rien ne changera. L’impunité régnera toujours. Tout ce déballage n’aura servi à rien. A presque rien. Il aura permis à certaines femmes de parler. Mais quel est le bienfait d’une parole perdue dans la masse, sur un réseau? Quel soulagement cette parole peut-elle apporter dans la durée à ces femmes, individuellement? Le moyen est-il à la hauteur des traumatismes? Je me pose la question.

Certains ont tenté de nous faire croire que les femmes pouvaient confondre drague lourde et harcèlement. Sachez qu’une femme sait quand la ligne jaune est franchie. Beaucoup ont tenté de nous faire croire que délation et dénonciation étaient la même chose. « Je suis contre la délation. Bouh. C’est pas bien. Elle ne fait pas partie de mon ADN. Jusqu’où ça va aller si on fait ça. Bouh. Attention danger » . Je ne vois là que manipulation et intention de faire taire, de rendre coupables des victimes qui, quand même, seraient en partie responsables de tout ce déballage. Pourquoi? Pour préserver quelques bourreaux tremblant de crainte que leur tour arrive? Tremblant de peur de tout perdre bien plus que de regret? Je me pose la question.

Pour éviter toute ambiguïté, petits rappels: la délation est une dénonciation intéressée, méprisable, inspirée par la vengeance, la jalousie ou la cupidité. Merci Larousse. La dénonciation est l’action de dénoncer quelqu’un, quelque chose, à la justice, à une autorité. Merci Larousse. Vous saisissez la différence? Non? Des exemples tout bête, les premiers qui passent par ma tête de carne. La délation, c’est balancer des juifs aux nazis juste parce qu’ils étaient juifs. La dénonciation, c’est identifier un violeur, pour qu’il soit jugé et puni pour son crime. Compris? C’est simple. Faire volontairement croire aux victimes, grâce à cet amalgame puant, que dénoncer est mal, c’est être un gros con. C’est devenir un gros porc à son tour. Quelque chose à cacher? Un aveu à faire? Une personne, un système, un pouvoir à protéger? Je me pose la question.

Je me pose des questions. Je suis sceptique. Je doute. Je redoute un tout ça pour ça. Tant de fois on a cru à un réveil, à un sursaut national, à une union pour la force. Tant de fois on a cru comprendre, on a cru que l’après serait différent, meilleur. Tant de fois on a prétendu avoir appris des erreurs du passé. Tant de fois on a été déçus. Tellement de fois. Presque à chaque fois.

Je me pose beaucoup d’autres questions. Notamment sur ces leçons d’éducation qui envahissent la toile. Apprenez à vos garçons queApprenez à vos filles que… « plutôt que d’apprendre aux filles à se défendre, apprendre à nos fils le respect… » . Sérieusement? On en est encore là? Je me pose la question. Beaucoup d’autres encore.

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A propos La Carne

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48 commentaires pour APRES LES HASHTAGS, L’OUBLI?

  1. petitdiables dit :

    Je suis dans le doute aussi. Mais peut etre que maintenant que la parole s’est un peu déliée, ca va continuer…j’espère.

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  2. Catwoman dit :

    Je ne sais pas ce que ça donnera. Je suis dans l’expectative, comme on dit. Moi, j’espère que ça permettra aux hommes de se rendre compte de ce que nous vivons.
    Et comme toi, les coups de semonce sur comment élever nos fils et nos filles m’énervent ! Je n’ai pas attendu le # pour savoir comment élever mes enfants, sans en faire une victime potentielle qui doit apprendre à se défendre et un violeur / harceleur potentiel qui doit apprendre à contrôler ses hormones …

    On verra ce que ça donnera.

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  3. othilie dit :

    je plussoie tout ce que tu dis mais j’ajouterai que dénoncer c’est  » à la justice »( d’ailleurs tu l’as mis en définition ) par sur une place publique où les informations ne peuvent pas être vérifiées. Il est inadmissible qu’une victime de harcèlement puisse penser qu’elle n’a pas le « droit » de parler, de faire en sorte que son agresseur soit jugé mais pas jugé par n’importe qui ou tout le monde . On a d’autres alternatives au pilori je pense.

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    • La Carne dit :

      en effet, dénoncer, c’est à la justice. Je suis curieuse de savoir combien de femmes vont le faire. Note qu’avec la prescription, ça peut limiter aussi beaucoup de femmes. 😦

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  4. Hara-Kiri dit :

    J’avoue que je ne sais pas trop quoi en penser, si ce n’est que le fait d’en parler peut aider certaines victimes, alors pourquoi pas? Mais il n’y aura aucune suite, on va passer à autre chose et oublier, et dans un an, ça recommencera…

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  5. Marie Kléber dit :

    Je suis comme toi. Je n’ai pas écris sur le sujet pour cette raison.
    L’oubli me fait peur.
    Mais le pire je trouve c’est que tout ça ne sorte qu’aujourd’hui alors que les violences en général faites aux femmes existent depuis la nuit des temps.
    Est_ce que des mesures vont être prises pour empêcher ces agressions? Est-ce que les femmes vont davantage oser porter plainte? Est-ce que les professionnels vont être formés pour entendre ce qu’elles ont à dire? Est-ce qu’elles vont être écoutées, entendues?
    Autant de points d’interrogation auxquels j’attends des réponses concrètes qui tardent à venir.

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    • La Carne dit :

      pour être tout à fait honnête, je ne vois pas quelles mesures pourraient empêcher un homme de franchir la ligne du consentement et la ligne du respect. Ces femmes vont être entendues… en masse. Mais individuellement…? J’espère que nous aurons des réponses… 😦

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  6. axelle57 dit :

    Je suis comme toi, je m’interroge sur ce que ça va devenir. MAIS j’ai envie de croire que ça finira par déboucher sur quelque chose de positif ET constructif parce que c’est désormais impossible de faire comme si c’était anecdotique et isolé, autant du côté des femmes qui prennent conscience qu’elles ne sont pas des cas isolés que du côté des hommes qui n’auront pas envie d’être assimilés aux « porcs ».
    La parole des femmes s’est libérée, celle des hommes peut se libérer aussi notamment en réagissant aussi quand ils sont témoins de paroles/comportements sexistes pour les stopper.
    Et puis à nous tous de faire attention dans notre quotidien pour éliminer ce qui fait le lit de ces comportements, il y a tellement d’éléments de la culture du viol qui sont inconsciemment intégrés et véhiculés au jour le jour.

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    • La Carne dit :

      je pense que beaucoup de femmes savaient déjà que ce n’était pas isolé. Le souci, c’est que quand on est face à l’agresseur, on doit se sentir seule. j’espère que les choses vont changer… mais je doute. Je pense que tout le monde savait, se doutait… mais entre ceux qui pensent qu’il n’y a pas de fumée sans feu, ceux qui s’en foutent, ceux qui se sentent protégés… c’est pas gagné.

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  7. lumipoullaouec dit :

    Tu as écrit exactement ce que je pense de tout ça. Au prochain attentat, le #MeToo sera remplacé par un #PrayFor. Un effet de mode. Des gros porcs dans le métro, j’en croise régulièrement. J’ai décidé depuis quelques temps d’aller porter plainte à chaque geste déplacé et j’encourage toutes les femmes de mon entourage à faire pareil. C’est, je pense, plus efficace que de mettre ce hashtag sur son mur et d’attendre le prochain hashtag à la mode sans aller déposer une plainte. Cela dit, j’espère que toutes ces histoires donneront le déclic à celles qui n’ont jamais osé en parler.

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    • La Carne dit :

      j’espère aussi que ça donnera le déclic… et la force. Porter plainte est en effet, la seule chose efficace à faire. Ceci dit… quand on entend le nombre de classement d’affaires à ce sujet… :/

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  8. Il y a une différence entre raconter son histoire et balancer un nom en pâture sur twitter… La seconde methode est condamnable et susceptible de constituer une infraction pénale..
    Pour le reste, je pense que ce hastag est le point de départ de quelque chose et qui permet surtout de sortir de cette honte qui colle à la peau des femmes, cette honte de s’être fait agresser, parce qu’on fond « tu l’as bien cherché »…

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    • La Carne dit :

      le risque principal avec ce #, c’est que la dénonciation laisse place à la délation. Si des femmes s’amusaient, par pur intérêt à mentir, elles nuiraient à toute cette foule de femme qui souffrent.

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  9. Egalimère dit :

    Comme tu l’écris si bien, ces hashtag ont le mérite d’avoir permis à de (trop) nombreuses femmes de raconter leur histoire. La question qui reste en suspens est « et maintenant, on fait quoi ? ».
    Pour ma part, je vais continuer à parler des associations qui peuvent aider les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles à faire valoir leur droit (les CIDFF, l’AVFT, le 3919…). Je vais relayer les actions du gouvernement en faveur de la lutte contre les violences faites aux femmes.
    Pour toutes les femmes victimes, en parler c’est bien mais maintenant, elles doivent également agir. Elles sont peu nombreuses à porter plainte par peur de ne pas être entendue. Parce que leur plainte risque d’être classée en « main courante », parce qu’elles ont peur, honte… Mais ça doit changer et c’est pour ça qu’il est important de se faire accompagner par des structures qui s’y connaissent et sont à l’écoute des femmes.
    J’ai peur que tout cela ne retombe comme un soufflet mais j’ai envie de croire que les choses vont changer. Que nous sommes à un tournant dans l’histoire des droits des femmes et du respect de chacune.
    Et pour finir, j’en ai eu assez de ces publications « apprenez à vos fils le respect des femmes » « éduquez vos fils pour ne pas en faire de gros porcs ». Si c’était si facile, ah ah ah. Tant qu’on aura des animateurs qui font rire de leur sexisme et de leurs attouchements sexuels, tant que les images des femmes continueront à être dégradées de la sorte par le milieu de la mode, de la publicité, de la beauté… nous pourrons apprendre à nos fils et à nos filles le respect des autres, l’influence de la société sera toujours là.

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    • La Carne dit :

      je ne vois pas, en réalité, pourquoi cela changerait. C’est triste ce que je dis. Mais je ne vois pas. Il y a déjà une loi, des interdits, des sanctions… les mentalités ont déjà bien changé depuis des décennies… et rien ne change. Rien ou trop peu. Mais tu as raison, il faut rappeler… encore et encore.

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  10. carrie4myself dit :

    Encore bien dit, bien resume.
    Tout se passe tot, lorsqu’on est enfant; respect des autres

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  11. Paula dit :

    J’aime ton billet. ca m’a fait du bien de voir que ça bougeait, maintenant faut prier pour que ça serve à quelque chose. J’ai quand même une vague impression que ça devient de plus en plus pris au sérieux, il y a eu les reportages sur le harcèlement de rue, il y a des campagnes maintenant dans certaines villes… C’est pas assez mais ça change petit à petit

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  12. Moi dit :

    J’ai toujours pensé que cette idée de hashtag était totalement crétine. Quel intérêt de  » dénoncer son porc  » sans le nommer ?!!!
    Si l’on est victime, une seule démarche est recevable : le dépôt de plainte !
    Pire, je vois aujourd’hui fleurir des délations, je n’ai pas dit dénonciations mais bien délations, contre des amis politiques ! Eh oui, cette idée crétine ne sert soit à rien car les gens ne sont généralement pas nommés, ou alors elle est transformée en délation contre ses adversaires politiques ! C’est même devenu un sport très prisé chez certains militants politiques.

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  13. Je suis d’accord avec toi. On « traite » trop de sujets sur la toile, ou chacun se dit concerné, mais au final on est concerné par tout et rien à la fois. Un peu comme toutes ces pétitions qu’on signe ici et là, parfois même en doublant, qui fait que du coup, elles en perdent leur impact car elles s’étendent en largeur plutôt que de grandir…. Bref, sur ce coup, je te suit !

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  14. agandolphe dit :

    Je suis peut être pessimiste, mais non seulement je pense que cela ne sert à rien, mais en plus je n’aime pas trop le déballage public… Pour agir il faut porter plainte. Les réseaux sociaux n’ont jamais arrêté aucun terroriste ni aucun violeur… Ca se saurait si Facebook pouvait résoudre les problèmes de la planète… Après c’est une approche toute personnelle…

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  15. Kiara Papillon dit :

    Je crois que même si on ne donne pas le nom sur twitter (comme l’a dit Marlène Schiappa, twitter n’est pas un tribunal), ça permet de montrer l’ampleur des dégâts. Enfin, on s’intéresse à ce problème (fléau, même). La personne qui dénonce anonymement peut, grâce à ce hashtag, avoir le courage de porter plainte ensuite. Ne pas donner le nom permet aussi d’éviter un procès en diffamation. Ou peut-être la personne ne connaît pas le nom de son harceleur… Quoi qu’il en soit, quand on voit la quantité de témoignages, ça me donne de l’espoir.
    Je vais faire un parallèle. Des femmes ont osé parlé de l’inceste dans les années 80. Avant c’était tabou mais surtout très fréquent, dans de nombreuses familles ça faisait même partie de l’éducation des enfants ! Des femmes (puis des hommes) ont osé parlé et ça a délié les langues, ouvert les yeux à certain-e-s. Ca a été un premier pas pour le changement de notre société.
    Ces hashtags ont permis de montrer que non, ce n’est pas normal, non, ce n’est pas de la drague. Oui, on doit éduquer nos filles et nos fils dans le respect de l’autre.
    J’ai publié un billet sur le harcèlement dont j’ai été victime il y a 3 semaines. Mauvais timing, je l’ai publié juste avant que ces hashtags n’envahissent les réseaux sociaux. J’ai reçu un commentaire qui me disait que je surfais sur le buzz. Je l’ai mis à la poubelle.
    Moi si j’avais une critique à faire, ce serait davantage sur le choix du mot « porc ». Pourquoi associer un harceleur, agresseur voire violeur à cet adorable animal ?

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    • Sophie dit :

      Penses-tu vraiment que le fait d’avoir parlé de l’inceste dans les années 80 ait changé quelque chose de nos jours????

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      • Kiara Papillon dit :

        Bien sûr. Depuis, grâce aux victimes qui ont dénoncé l’inceste, il y a eu des lois. Depuis, ça a ouvert de nombreuses consciences. J’en parle en connaissance de cause. Je ne peux pas développer davantage ici. Mais oui, la France a pris conscience que ça ne faisait pas partie de l’éducation d’un enfant. Et puis il y a aussi eu la psychanalyse qui a dû se remettre en question, notamment autour de l’héritage de Freud. De nombreux philosophes et psy pensaient que la pédophilie c’était normal. Les victimes ont parlé et on a a pris conscience que non, ce n’était pas du tout normal, c’était de la maltraitance.
        Aujourd’hui, grâce à ce qui s’est passé dans les années 70 et 80, on peut parler et on est entendu. Avant, c’était considéré comme de l’éducation sexuelle. Aujourd’hui on peut porter plainte. Ce n’est pas parce qu’on en parle davantage aujourd’hui, notamment dans les journaux, que c’est pire maintenant. Au contraire.

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        • La Carne dit :

          il existe déjà des lois sur les agressions sexuelles, sur le harcèlement et l’abus de pouvoir… elles nécessitent sans doute des modifications, mais elles existent. Je suis d’accord sur un point, cela a pu permettre à des femmes de comprendre qu’elles étaient des victimes. Mais je doute que les lois diminuent le nombre d’agressions. Quand on voit en prime le nombre de classement d’affaires. C’est fou!!

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        • Sophie dit :

          bonjour Kiara, oui, maintenant on peut porter plainte mais il se passe toujours des atrocités dans les familles et la loi du silence est encore présente.

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  16. Melgane dit :

    Une comédienne invitée dans C à vous hier rapportait la remarque d’une chroniqueuse de France Inter dont je n’ai pas retenu le nom : au début, quand tu publies ton « porc » (je mets des guillemets parce que c’est une insulte pour les cochons) (oui, je fais entrer là-dedans le débat du spécisme sans aucune culpabilité) tout le monde te soutient, te dit que c’est chouette, etc. Ensuite il y a la deuxième vague, la vague agressive des personnes qui te demandent si tu as des preuves, etc. Et c’est cette vague-là qui peut vraiment faire mal. Du coup, avant même de penser à l’oubli éventuel qui pourra se produire dans quelques mois, on peut déjà s’interroger sur ce qu’il se passe maintenant.

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  17. sofry33 dit :

    Malheureusement, malgré l’évolution de notre société,la condition féminine n’a pas évolué, elle a régressé.
    Le harcèlement n’est pas une nouveauté. Du temps de nos grand mères, mères il y eut beaucoup d’abus de ce style. Seulement, elles n’avaient le moyen de se défendre. Le poids familial était très très lourds et combien de nanas ont subis l’inceste, la violence, les humiliations?…
    A l’heure actuelle, beaucoup de femmes subissent toujours beaucoup de pression. Soit dans leur boulot en même temps quand tu a pas le choix que tu a qu’un salaire qui rentre comment tu fais ou dans la rue pas besoin d’être en jupe pour se faire traiter de pute ou de salope….
    Avec l’affaire du producteur, on a ouvert la boite de pandore mais jusqu’à quand?…
    Je n’ai pas envie de parler des actrices mais des FEMMES comme toi et moi, comme nous toutes. On fait quoi pour celles qui sont harcelées?
    Putain, mais toutes celles qui se sont battues pour nous qu’est ce qui l’en reste?. Simone si tu m’écoutes ❤
    Comme toi La Carne, je me questionne sur la suite. Une information en chasse une autre et la vie continue?
    On va accepter docilement sans rien dire? Je ne suis pas d'accord! Ce n'est pas parce qu'on est des nanas qu'on a pas de couilles ! Solidarité.

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  18. Je crains comme toi qu’il y ai cet élan puis plus rien jusqu’à la prochaine fois…

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  19. Sophie dit :

    Je suis tout à fait de ton avis et c’est aussi pour cela que je n’ai pas eu « les couilles » de suivre ce mouvement. Je me suis dit A quoi bon… oui, toutes nous sommes passées par là, oui toutes nous avons subi… on va l’écrire, le partager et tout s’envolera. Est ce que cela me fera du bien de l’avoir écrit non, je ne crois pas car j’aurais peur aussi de faire du mal à mon entourage qui n’est pas sensé connaître mes soucis de cet ordre.
    Il faudrait que les pouvoirs publics s’emparent du mouvement, mais c’est un changement de société qu’il faudrait , je ne suis pas certaine que des hashtags suffisent pour cela.

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    • La Carne dit :

      je viens de publier un billet sur les porcs qui ont croisé ma vie. ça ne m’a pas fait de bien, parce que ces porcs ne m’ont laissé aucun traumatisme. Aucun. Par contre, si ça a pu permettre à une seule femme de comprendre que oui, même ça, c’est pas normal, ce sera déjà bien.

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  20. C’est un très bel article plein de réflexion que tu nous livres là ! Merci pour tes histoires et ton témoignage. Moi aussi je me pose des questions, j’ai vu les hashtags et je ne sais pas si ça va marcher mais je trouve ça bien que les gens en parlent, et soient au courant. Quelque chose qui m’a particulièrement choqué, c’est le fait que les gens s’étonnent à ce point que le harcelement existe. Je ne sais pas dans quel monde ils vivent, ou bien s’ils ont des oeilleres ?

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  21. Virginie Loÿ dit :

    Bonjour La Carne,

    Je me suis longtemps posé les mêmes questions et ma conclusion c’est mes opinions aideront toujours moins que mes actions.

    J’aime ton texte, je t’en félicite ☺, mais je suis moins pessimiste que toi, même si personnellement je ne suis pas adepte des engouements soudains qui retombent aussi vite que mes soufflés au fromage.

    Je déplore ces engouements immédiats et excessifs, qui ne demandent comme action que de taper quelques lettres après un #.
    Une minorité en profite pour raconter leur histoire : à ces femmes, chapeau!
    Pour beaucoup, c’est la première fois qu’elles déposent ce fardeau secret, c’est peut-être maladroit, c’est peut-être déplacé et ça nous fait peut-être grincer, mais ça va enfin leur permettre d’avancer. Et après, demandes-tu ? Après, il y aura pour chacune d’elle, un pas en avant, suivi d’un autre pas en avant. Après des années en tant qu’écoutante, je sais combien cette première prise de parole est décisive dans la reconstruction. Cela ne sera simple pour personne, mais c’est déjà un pas dans la bonne direction.

    Pour beaucoup d’autres, un # et la vie continue comme hier…

    Je viens d’écouter l’interview de Judith Aquien sur le podcast Génération XX. Elle y dit : « Aider pour aider, ça ne sert à rien. Quand on veut vraiment quelque chose, déjà on arrête de dire qu’on aide, et on fait ». J’aimerais transposer ses mots à cette situation.
    Car combien envoient un # et ne remettent pas leur chef en place quand il a un propos déplacé, combien hésitent à appeler les flics quand elles entendent des cris dans un appartement, combien disent à leur petite fille « ce n’est pas grave, il a dit pardon » quand un petit garçon l’a tapée avec la pelle au bac à sable, combien postent un # et ne font rien ?

    Oui, le # est un début, il montre l’ampleur d’une injustice et d’une souffrance commune vécue par des millions de femmes, du petit sifflement jusqu’au viol.
    Il monte aussi que les choses avancent, ce n’était pas comme imaginable quand j’avais 20 ans en 1984. Tant mieux.
    Mais seul l’engagement dans l’action fera réellement avancer les choses.

    (Je précise que je ne minimise rien, mon blog est un blog de soutien aux femmes victimes de relations abusives ou violentes, j’ai une bonne connaissance du problème… Une-chose-par-jour est un blog que je veux calme, positif et constructif, ce qui ne m’empêche aucunement d’avoir des opinions : mais mes opinions aideront toujours moins que mes actions.)

    Je n’aime pas les # plus que toi, et je déteste leur côté éphémère, mais ils permettent aux personnes de se reconnaître, de lier des liens, de s’engager. Ça ne se voit pas tout de suite. Mais les graines sont semées.

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