MON ENFER…

Pas une journée sans que je me dise que je ne suis pas faite pour ça. Que je n’aurais pas dû forcer le destin. Que c’est au dessus de mes moyens, de mes forces.

Pas une journée sans que je me dise que sans ça je ne serais rien. Que je referais tout pareil malgré tout…

… malgré toute la fatigue, le manque d’énergie, l’impatience qui me gouverne, la colère qui gronde en permanence, la rancoeur, la rage contre ceux qui ont fait de moi ce que je suis, ce que je subis ; la culpabilité omniprésente de ne pas réussir à domestiquer cette rage, de ne pas réussir à en tirer du bon, du mieux.

…malgré toutes ces périodes où je donnerais tout pour être libérée d’eux, pour avoir le courage de fuir loin, longtemps. Toujours.

… malgré tous ces moments  épuisants où une violence me guide. Tous ces moments où je ne parviens pas à contrôler mon côté sombre, noir profond. Ces moments où je souffre de ne pas réussir malgré un acharnement incessant. Tous ces moments où mon cerveau ne réfléchit plus comme il faut, où mon corps n’agit plus comme il faut, se contractant, incapables de discernement.

… malgré tous ces moments où je préférerais mourir plutôt que de supporter encore cette femme méprisable qui loge en moi et cette colère que d’autres soulèvent sans relâche, encore et encore.

Je referais tout pareil. Pourtant, je suis épuisée de toute cette bataille quotidienne contre moi. Je suis fatiguée de lutter contre le pire qui me hante, m’envahit, me dirige.

A coup de « relativise! Prends du recul! C’est pas grave! Laisse couler! Prends sur toi! Les autres y arrivent bien eux! » , je m’épuise et perds le combat, envahie par une consciente impuissance, odieuse, injuste, terrible.

Je n’étais pas faite pour être mère. Mon corps le savait. Il a dit non et a choisi au hasard de l’amour celui qui ne pouvait pas me donner d’enfant. J’ai insisté. Je les ai voulus plus que tout. Mes enfants, ces deux merveilles merveilleuses. Je les aime. Ils sont le sens de ma vie. Mais je n’y arrive pas. L’amour ne suffit pas. Ils méritent mieux. Tellement mieux que ce monstre que je deviens quand je n’en peux plus.

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A propos La Carne

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23 commentaires pour MON ENFER…

  1. axelle57 dit :

    Sache que je compatis. J’ai été monstrueuse aussi. Je t’envoie plein de chaudoudoux à défaut de pouvoir mieux t’aider.

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  2. Maud dit :

    Des tonnes de bisous et crois moi tu es une merveilleuse maman, car tu sais que parfois tu n’en peux plus et tu dis que c ‘est difficile d être parent… tu ne te caches pas tu t exprimes.

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  3. Je crois qu’on devient tous monstrueux quand on en peut plus…

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  4. Sophie dit :

    On va déjeuner ensemble et on en parle ?

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  5. monstrueuse….? tu maîtrises suffisamment les mots pour savoir quel sens donné à ce dernier.
    A bout, dépassée, coléreuse, colérique, injuste, criante? peut être, monstrueuse certainement pas. Mal, culpabilisante, effondrée, dégoûtée? Peut être. Monstrueuse, certainement pas.
    Dure, exigeante, renonçante? peut être. Monstrueuse certainement pas.
    Tous ces mots ne sont pas lâchés comme autant de provocation, ils sont ce que je suis aussi. Peut être ce que parfois tu crois être. Mais Monstrueuse… Certainement pas.

    Et là à cet instant, j’aimerais juste pouvoir écrire presque comme Sophie : on déjeune ensemble et on se parle?

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    • Je rejoins tellement Stéphanie. Je crois qu’on a toutes eu à un moment donné ce terrible sentiment, celui d’être la pire des mères au monde. Mais non, tu n’es pas monstrueuse. Tu es humaine et tu arrives à poser des mots sur ce que tu ressens, c’est déjà beaucoup. Courage ❤

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  6. Pomponette dit :

    Euuuuuh….. tu sais ça tient toujours hein mon invitation à venir quelques jours à la maison…..

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  7. Salut ma belle, je commence à peine à suivre tes aventures, mais jusque là je n’avais jamais lu des mots qui montrent ta tristesse et ta colère. Serais tu en train de péter un câble? Nous avons toutes des moments où nous aimerions nous cacher sous la couverture. Heureusement, nous, nous avons les mots pour nous soulager, alors fonce, déchaîne toi.😇

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  8. ptitedelph dit :

    L’autre jour, je râlais un peu intérieurement parce quand on me parle d’enfant, il y a toujours cette sensation que les gens ont envie de rajouter « tu ne peux pas savoir toi ». Ou quand on rajoute « tu comprends ? », quand on m’explique quelque chose aux sujets d’enfants proches. J’ai envie de répondre que ben oui, je ne suis pas débile, suis juste pas maman de sang ou d’adoption, mais ça ne m’empêche pas de comprendre. Et même si du coup je ne peux effectivement pas savoir ce que c’est, je peux juste imaginer l’épuisement, la colère de tout, le stress qui entraîne parfois aussi des noirceurs en soi, l’envie de tout balancer parce qu’il y en a juste marre de tout. Ce que tu racontes, je suis sûre que beaucoup de parents peuvent le ressentir, sauf qu’ils ne le disent pas. Avant d’être maman tu es avant tout humaine. Monstrueuse n’est pas ce que je ressens en te lisant, même quand le 12 ans te tourne en bourrique ou que la 8 ans n’a pas sa langue dans sa poche ^^ On sent surtout beaucoup d’amour, l’envie de toujours avancer avec eux, les valeurs que tu leur inculques (ce n’est pas des âges faciles non plus), l’éducation que tu leur donnes. Ils n’auraient pas pu avoir meilleure mère, parce que la perfection n’existe pas, surtout pas dans les liens enfants / parents. Un parent monstrueux, c’est celui qui passe son temps à dénigrer son enfant avec des mots, des gestes, à le maltraiter d’une façon ou d’une autre, qui ne donne aucune valeur et encore moins une éducation. Et surtout c’est un parent qui ne se pose aucune question, qui ne fait aucune remise en question. Etre parent, à mes yeux, ça a toujours été faire de son mieux et contrairement à ce que tu crois, l’amour et la démonstration de celui-çi, représente une grosse part. Tu donnes le goût de lire à ta petite nénette, rien qu’avec ce trait de caractère, tu donnes une partie de celle que tu es, entre tellement d’autres. C’est si précieux… parce que justement à travers l’amour, il y a beaucoup de choses qui en découlent, sans que tu en aies forcément conscience ❤ Ne sois pas trop dure avec toi, ils ont de la chance d'avoir une maman comme toi même si tu n'arrives pas à l'entendre pour différentes raisons, parce que je sais aussi que parfois c'est dur de croire ce que nous disent les autres. On a du mal à les croire. Sois douce avec toi. Le destin a voulu que vous soyez ensemble et il sait bien ce qu'il fait ❤ Je te fais de gs bisous

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  9. Hara-Kiri dit :

    On a toutes, a un moment (ou des moments) de notre vie, été « monstrueuses », même si je trouve ce mot un peu fort tout de même. Chacun d’entre nous traine des casseroles, belles ou moches, qui ont l’art et la manière de se faire entendre régulièrement. Quand les filles étaient petites, je me détestais (vraiment et violemment) d’avoir des comportements ou réflexions, que j’avais haïs chez ma propre mère. Ce qui rassure, c’est que tant qu’on culpabilise, c’est qu’on réfléchit. J’ai fait au mieux avec ce qu’on m’avait donné comme bases, tout comme toi. J’ai aussi envie de te dire qu’il n’existe aucune mère parfaite, et aucune mère pour qui, tout se déroule bien tout le temps. Ou alors, ce sont de sacrées menteuses! Alors, respire un grand coup, prépare toi un mojito, pose toi sur ton canapé sous un grand plaid tout doux, et regarde une niaiserie à la télé. Je sais que c’est facile à dire, mais je suis dispo pour discuter quand tu en auras besoin. Bises frigorifiées!
    PS: Et on emmerde les mères soi-disant parfaites et les médias qui chantent leurs louanges.

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  10. Marie Kléber dit :

    Je rejoins Stéphanie et Céline, monstrueuse non.
    Le métier de mère est compliqué. Je me dis souvent que je n’étais moi même pas faite pour l’être. Nos enfants nous poussent dans nos retranchements, ils font émerger nos zones d’ombres. Quelle mère n’a jamais eu envie de tout plaquer, de se barrer à l’autre bout du monde, parce qu’elle était à bout, qu’elle n’en pouvait plus, qu’elle ne pouvait plus?
    Tous les sentiments que tu décris, que tu partages sont humains – douloureux et humains.
    Je suis passée par là. J’ai encore des phases. Je ne me reconnais plus dans ces moments là. Je lâche tout et je me sens moche. Puis je me dis que moi aussi j’apprends. Il n’y a pas un guide tout fait, parfait qui nous dit comment être, faire, dire, éduquer. Alors on fait comme on peut. Et du mieux qu’on peut.
    Plein de pensées pour toi.

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  11. Snoph dit :

    Tu sais, on l’est déjà moins lorsque l’on se l’avoue. C’est déjà pas si mal.
    Je me demande si tu n’ étais pas chez moi ce week-end ? Ici c’était compliqué et si tu savais comme je m’en veux d’être presque heureuse que mon grand parte à l’internat le lundi matin… J’ai mis de l’eau dans les principes que j’avais avant d’avoir des enfants, mais il y a des choses pour lesquelles je ne peux déroger, pour eux. Alors souvent je leur dis « je sais qu’à l’instant présent tu me détestes, mais moi je t’aime ». Et parfois je vais pleurer dans les wc. Je fais ce que je peux, comme toi. Douces pensées

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  12. petitdiables dit :

    Tu es dure avec toi même. On a tous nos moments down ça ne fait pas de toi une mauvaise maman. Une tasse de thé un bain une sieste et ça repart.

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  13. Catwoman dit :

    Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais à tes mots je crois deviner. Et j’ai mal pour toi parce-que je sais ce que c’est que de ressentir qu’on est en dessous de tout, voire monstrueuse ou maltraitante. Se dire que nos enfants seraient sans doutes mieux sans nous. C’est juste horrible.

    Je te proposerais bien d’aller se boire un verre mais ça risque d’être difficile. Alors je te prends dans mes bras et te fais un câlin virtuel 😘

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  14. Sandra dit :

    Tu n’es pas seule mais ne culpabilise pas en pensant que ton corps te l’avait bien dit! J’en ai 3 de sang et parfois je suis à bout, je regrette de les avoir mis au monde, je n’étais pas non plus faire pour être mère, mais chez moi c’est génétique! je suis usée moralement, physiquement de n’être que dans le combat avec mes fils, il n’y a rien de serein dans nos relations. Mon aîné a été ignoré par son père j’ai tenu les 2 rôles, mes 2 autres ont un père qui vit (paraît-il) avec nous mais totalement absent. Chaque jour je m’en veux de leur faire subir ma frustration, je voudrais changer mais faire la mère et le père c’est juste invivable.

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  15. carrie4myself dit :

    Tu n’es pas un monstre; tu écris tres bien… Oui je sais ce n’est pas ca qu’il s’agit mais tu as un passage a vide, un coup de blues/burn out. Ca arrive a tout le monde. Regarde tout ce que tu as fait dernierement!!
    Prends soin de toi La Carne.
    Regarde cet article de Maman Rose: https://un-carnet-rose.com/2017/02/01/letendoir-qui-vole/#more-2208

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  16. audrey dit :

    ma louloute, on n’a toutes des moments de doutes surtout avec l’adolescence, combien de fois je me suis sentie être une mère incappable, pas assez sévère, pas assez disponible , pas assez patati patata….c’es tune crise que je crois qu’on travers plus ou moins toutes, c’est la preuve que quelque part on se remet en question, et que quelque part on veut être une bonne maman 😉 de gros gros bisous

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  17. Je me sens parfois monstrueuse comme tu le décris et pourtant si on l’était vraiment se poserait on toutes ces questions, vraiment ? Je crois qu’on culpabilise de ne pas être à la hauteur de ce qu’on s’est inconsciemment fixé comme « objectif » ou de l’image qu’on a de la mère, on se fait du mal, on se torture. Monstrueuse je ne crois pas mais maso oui.

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  18. DorOthee84 dit :

    Bonjour, je découvre ton texte ce matin au petit réveil, peut-être un signe qui me montre que je ne suis pas seule à vivre ce que tu décris….Je vis la même chose actuellement, j’élève seule mes deux garçons depuis 6 ans et en ce moment je craque, car trop de choses à gérer et donc j’explose tous les jours à la maison….donc je me dis aussi que je n’étais pas faite pour être maman car je n’y arrive pas nerveusement….C’est très difficile car je culpabilise de ne pas donner à mes garçons une vie douce et agréable….mais en même temps j’essaie de faire ce que je peux avec mes soucis de maman solo et l’arrivée de Noël n’arrange rien. Je me dis tous les jours qu’ils seraient bien mieux sans moi, chez leur père ou autre.
    J’espère des jours meilleurs et plus sereins.
    Courage à toi. Et bravo pour ce texte, quel courage d’écrire tout ceci, car c’est un sujet qui reste tabou, les mamans commencent à se libérer de certains tabous grâce à des femmes comme toi qui osent dire…..je pense aussi à d’autres femmes comme par exemple Florence Foresti qui ont osé dire qu’être maman ce n’est pas facile, qu’être maman n’est pas innée, qu’être enceinte n’est pas forcément plaisant…..Bravo pour ton courage.

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  19. mcristina dit :

    mince…je viens de faire un commentaire d’une page qui vient de s’effacer….Donc non, tu n’es pas un monstre !!!!! On peut en discuter en off si tu en as envie, je pourrais te raconter des choix de vie qui font que je suis considérée une mauvaise mère…Quelle est la maman qui ne s’est jamais posé de questions, qui n’a jamais eu envie de laisser ses gosses au bord de l’autoroute ou même qui regrette de les avoir eus? C’est humain !! Nous ne sommes pas des machines..tu es déjà très courageuse d’avoir écrit ces mots, je trouve…

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  20. achaumond dit :

    A une époque, mon pseudo c’était Mère Lacunaire, ça en dit long, non ? Je passais du temps à me flageller de mon inaptitude à être mère, à m’en vouloir, à vouloir mieux pour eux, et j’en passe et des meilleures.
    Et puis un jour, j’ai choisi de m’occuper de moi, de ma vie professionnelle non satisfaisante, et je me suis retrouvée à passer des semaines entières loin de la maison et loin des préoccupations du quotidien. Et tu sais quoi ? Ca m’a fait des vacances, je t’explique même pas comment … Et le sentiment de liberté qui m’a envahit ! Je m’éclatais dans ma formation, et pendant ce temps-là, la vie continuait sans moi à la maison. Et même que tout le monde trouvait ça cool ! Ca m’a fait relativiser un paquet de choses, à un point inimaginable quelques mois plus tôt. J’ai lâché plein de trucs qui me pesaient, dont cette immense culpabilité dévastatrice.
    Aujourd’hui, il y a des jours où je gueule plus fort qu’un putois, et même si c’est pas joli joli, je me dis que c’est aussi ça la vie. Je sais que le soir je rirai avec eux, qu’ils n’en feront pas toute un montagne de mon impatience et de mes coup de gueule, que je suis humaine, comme eux et basta. Et la cerise sur le gâteau c’est qu’on a jamais été aussi proches et complices, mes 2 lardons et moi 😉

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  21. Babidji dit :

    Ohhhh je suis la même 😔 je comprends tellement

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