QUAND JE SERAI GRANDE, JE SERAI ECRIVAINE!

Ces mots auraient pu être les miens. Enfant, j’en rêvais, mais n’aurais jamais osé le dire ou l’imaginer pour de vrai. Ces mots auraient pu être les miens, mais ils sont ceux de ma fille. La presque 8 ans. Après avoir voulu être coupeuse de jambon, caissière (pour avoir plein d’argent…), coiffeuse, restaurant et râteau (pour ramasser les feuilles…), elle a décidé d’être écrivaine et nous l’a annoncé le plus sérieusement du monde, avec une gravité mêlée à sa bonne humeur habituelle: « quand je serai grande je serai écrivaine! Nananananère » .

Pour s’entrainer à être coupeuse de jambon, elle avait commencé à utiliser son couteau pointu. Pour caissière, elle avait commencé à apprendre à compter son argent. Pour coiffeuse, ma tignasse avait été (et est encore parfois) son terrain à tresses et à noeuds. Pour restaurant, elle a inventé des recettes, comme sa célèbre tartine jambon-nutella, ou encore son original courgette-jus de pommes. Pour râteau… elle m’a regardée ratisser.

Pour écrivaine, elle a donc tout naturellement commencé à écrire, pleine de motivation. Après s’être essayée à la BD, c’est finalement par un roman qu’elle poursuit sa grande vie d’écrivaine. Elle vient de clore le deuxième chapitre.

En l’écoutant lire ses deux premiers chapitres, j’ai halluciné. Je suis tellement fière. Elle va y arriver. C’est sure. Inspirée par son quotidien, avec une imagination sans limite, ses mots coulent. Elle nous les a lus avec conviction. En toute objectivité maternelle, elle est évidemment brillante. Ma fille est déjà une écrivaine.

J’ai voulu voir son cahier. « Non! Tu vas vouloir corriger les fautes ; tu vas vouloir que je refasse des phrases! » . Alors j’ai promis que non, pas pour l’instant même si ça me titille méchamment, ne souhaitant pas briser son élan. Je voulais juste voir ses lignes, son écriture, ses mots alignés, ses pages. Putain. Ma fille de presque 8 ans a écrit les deux premiers chapitres de son livre. Son tout premier roman. Pour de vrai.

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UNE SOURIS BLEUE, UN DRAGON ET UNE LICORNE

Alors que certains livres ne me donnent pas envie de tourner les pages,  j’ai parfois du mal à en fermer d’autres. « Une souris bleue, un dragon et une licorne » fait partie de ces livres que  j’ai ouverts sans avoir envie de les refermer.

Après un très long silence, Hara Kiri nous a raconté, sur son blog, la naissance de son livre J’ai été surprise. Elle a écrit un livre?! C’est fou?! Ça écrit des livres un Kiri?! (Oui, j’ai honte). Les mots de cette toute nouvelle romancière au sujet de son premier bébé littéraire m’ont donné envie. Marie Belfaud a réalisé son rêve et nous le confie, à nous, lecteurs. Banco!

J’ai lu. Au fil des pages, j’ai rencontré Lucie Goldman (ouais! Comme mon Jean-Jacques)(ouais, mais parait que ça n’a rien à voir). J’ai découvert son univers, sa famille, ses amis, ses amours, ses emmerdes (Coucou Charles). Au fil des mots, je me suis attachée à tous ces personnages. Jamais trop ou pas assez, ils sont  justes. Vrais. Vivants.

Je me suis projetée dans cette histoire. J’ai été l’amie, l’aimée, l’aimante, l’amante même. J’ai plongé dans ces vies, tête la première, tripes entortillées et coeur accroché. J’ai été tour à tour Lucie, Anne et même Jean-Marc ou encore Thomas. J’ai accompagné Lucie dans ses quêtes. J’ai vu son regard sur la vie et les gens évoluer au détour de difficultés, de découvertes, de rencontres.

Ça parle de quoi Une souris bleue, un dragon et une licorne?

« Lucie, jeune illustratrice fuit sa vie parisienne et trouve d’abord refuge chez son frère, puis s’installe seule à la campagne. Cette fuite se transformera en quête. Quête de son passé et de celui de sa famille, et quête de ses envies, ses peurs et son avenir. Sur fond de Shoah, de culpabilité du survivant et de violence, mais aussi de tendresse, d’amour et de rencontres, elle va tenter de se construire et de bâtir une vie calme et sereine.

Au fil des pages, on rencontre un ami-frère mieux que ça ; un écrivain un peu mégalo totalement épris d’envoûtantes rouquines ; un guide tunisien pourvu d’un sourire de soixante-quatre dents ; un infirmier charmeur ; une tante homosexuelle et rentre-dedans ; un homme dans la force de l’âge, épaule solide et soutien sans faille ; un chien nommé Râteau ; une souris bleue héroïne des enfants ; un dragon et une licorne.« 

C’est qui Marie Belfaud?

« Passionnée de littérature et d’écriture depuis toujours, Marie Belfaud publie ici son premier roman. Bretonne d’origine, elle vit en Creuse depuis une quinzaine d’années et écrit dans ce décor calme et verdoyant où elle situe une partie de sa première histoire.« 

J’espère que vous aurez autant de plaisir à lire ce premier roman de Marie Belfaud que moi j’ai pu en prendre. Une lecture aisée, douce, fluide.

A mon tour de vous confier le rêve de Marie! Banco!

Vous pouvez commander Une souris bleue, un dragon et une licorne sur le site de l’éditeur Librinova, ou encore sur Amazon, FNAC et tous les sites de vente de livres en ligneou encore chez votre libraire préféré!

Si vous aimez, n’hésitez pas à propager la bonne parole et à le dire à Marie!

(Billet non sponsorisé. J’ai acheté mon exemplaire et Marie Belfaud ne m’a rien demandé.)

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MORTELLES BIZARRERIES…

C’est bizarre d’apprendre sur l’avis de décès de ma grand-mère que mon prénom était son deuxième prénom. N’ayant pas moi-même de deuxième prénom, j’avais choisi le sien comme pseudo pour Le HuffPost. C’est bizarre.

C’est bizarre de prononcer tout haut, dans une église remplie des siens et d’autres, des mots qui devaient être simplement et silencieusement écrits.

C’est bizarre ces souvenirs heureux qui font pleurer. Beaucoup pleurer.

C’est bizarre de voir ma fille, faufileuse curieuse, devant ma grand-mère, morte.

C’est bizarre de dire qu’elle a eu une belle cérémonie. Mais c’est vrai. Elle a eu une belle cérémonie. Très belle même.

C’est bizarre de mettre une lettre dans ton cercueil.

C’est bizarre de prendre sa grand-mère morte en photo. Ses mains étaient belles. Je n’ai pas voulu résister.

C’est bizarre de revoir des gens qu’on n’a pas revus depuis longtemps. Certains depuis plus de trente ans. Certains qu’on ne reconnait pas. Certains dont on se demande ce qu’ils font là.

C’est bizarre ces moments hors du temps.

C’est bizarre de voir sa fille chanter à l’église. C’est bizarre de l’entendre dire que finalement, elle a peut-être envie que Dieu existe.

C’est bizarre de faire le tour de sa maison, toute sa maison, jusqu’au poulailler, jusqu’à la grange, jusqu’aux wc dans jardin! Les vieux pots de chambre y sont encore, les cages des lapins aussi.

C’est bizarre de se dire que d’ici peu, on ne pourra plus entrer dans cette maison. L’homme ne veut pas l’acheter. Notre banquier serait sans doute de son avis. Savoir que bientôt je ne pourrai plus ouvrir cette porte me fout en l’air. Savoir que des « t’es là Jeannette? » resteraient sans réponse me crève le coeur.

C’est bizarre de voir sa maman pleurer sa maman. C’est ce qui a le plus choquer le 12 ans je pense.

C’est bizarre de se regarder entre cousins, oncles et tantes, et de savoir que nous partageons la même tristesse.

C’est bizarre d’avoir une grand-mère qui était un monument de son village, d’apprendre à son départ, tout ce qu’elle a fait pour les autres. Tellement plus que tout ce qu’on avait déjà imaginé, supposé et su. Tellement!

C’est bizarre et pourtant presque naturel que ma fille me demande si mémère nous entend, si elle va se réveiller, si elle fait semblant d’être morte. De voir sa fille s’inquiéter du trou de la tombe qui est vraiment profond, et que Le Pierre qui est dessous, quand même, c’est lourd pour lui. C’est bizarre de la voir faire le tour du cimetière, intriguée de savoir qui est là aussi.

C’est bizarre de revoir au cimetière cette toute petite tombe. Enfant, j’avais été marquée par cette tombe. Un enfant. Putain. Elle est encore là. Je l’ai reconnue. C’est bizarre de m’être dit que maintenant ma mémère serait avec cet enfant.

C’est bizarre de se remémorer les souvenirs, dans chaque pièce. Mille souvenirs par pièce, par fenêtre, par porte, par caillou, par morceau de bois. Mille souvenirs, mille bêtises.

C’est bizarre de voir les enfants de certains cousins, devenus adultes. C’est bizarre de réaliser que, parce que mémère est partie, on prend la place de nos parents et eux sa place, sur l’arbre généalogique des vivants.

C’est bizarre de chanter Goldman avec ses cousins dans un cimetière, pour sa grand-mère. L’évidence des paroles. Pas une seule réunion de famille sans un chant. On n’allait pas te laisser partir sans chanter mémère!

C’est bizarre tout ce monde pour elle. Non, ce n’est pas bizarre. C’est juste. C’est mérité. C’est bizarre ces si nombreux mots emplis de respect, d’amour, de gratitude, pour toi, qui préférais donner plutôt que recevoir. Non, ce ne n’est pas bizarre. C’est juste. C’est tellement mérité. C’est bizarre ce plaisir que nous avons eu de nous retrouver ensemble autour de toi, même morte. Non ce n’est pas bizarre, c’était ton pouvoir.

Publié dans PENDANT CE TEMPS..., MON MOI, MON SURMOI ET MON ÇA | Tagué , , | 34 commentaires

C’EST PLUS FORT QUE TOI!

Demain, je retourne dans le village de mes meilleurs souvenirs d’enfance. Demain, je vais revoir des cousins que je n’ai pas revus depuis plus de dix ans pour certains, des oncles, des tantes, et tant d’autres. Demain mon appareil photo sera le prolongement de ma main. Je veux tout immortaliser. Ta maison. Le jardin. La grange. Le village. Les gens. Les odeurs. Tout. Même l’invisible. Je veux m’imprégner de tout ça encore une fois. Je veux m’imprégner de toi.

Depuis mardi, tu n’as pas quitté ton lit. On m’a dit que tu y étais bien, belle, reposée. Je ne sais pas encore si j’aurais la force de venir te voir. J’en ai envie. Je crois. J’aimerais tant prendre un petit quelque chose de chez toi. Un rien du tout. Un livre. Un je ne sais quoi. Un bout de toi. Tout petit. Juste pour moi.

Demain, à l’église, je vais lire une partie de ces mots. Tu vas rire, mais je me suis entrainée à les lire. C’est fou les trucs cons auxquels on pense quand on est triste. S’entrainer à lire un texte sans pleurer. Comment s’habiller? Y-aura-t-il des toilettes accessibles pour la 8 ans? Penser à avoir un mouchoir dans la poche! C’est fou. Je dois t’avouer que même seule dans mon salon, je n’ai pas encore réussi à finir mon texte sans pleurer. Moi qui pensais ne plus avoir de larmes. Demain, j’espère faire sourire les gens dans l’église. Demain, j’espère te faire sourire où que tu sois. Ce serait le plus bel hommage. Ce serait ma victoire sur ta mort.

Les enfants sont contents de venir. Ils vont revoir leurs cousins. Tu vois, même partie tu arrives à faire le bonheur. C’est plus fort que toi!

Tu sais, je pensais à un truc. Mes gosses t’ont connue. Ils n’ont pas connu ton Pierre. Mais tu vois, la vie est bizarre. Le 12 ans est né le même jour que lui. Le nom de naissance de la presque 8 ans est Pierre. C’est fou hein?

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