ETRE MERE…

Je n’aime pas que les enfants me rejoignent dans le lit le matin. Je me suis forcée à une époque, parce que eux aimaient ça. Puis j’ai arrêté de me forcer, parce que moi je n’aime pas. Vraiment pas. Viscéralement pas. J’aime qu’on me fiche la paix le matin (le midi et le soir aussi). Surtout Même mes gosses. Sauf mon chat. Lui peut venir foutre sa queue et ses poils dans ma bouche (Hop hop hop. Je parle toujours du chat là!) pour me réclamer son petit déjeuner, cela ne me dérange pas. C’est comme ça.

Si les gosses sont parfois frustrés, ils ont pourtant appris à faire avec ça… sans ça… et sans un tas d’autres choses que font les mères mais que je ne fais pas. Parce que je n’ai pas cet instinct maternel que brandissent les mères parfaites pour culpabiliser les autres, celles comme moi. Celles qui n’acceptent pas tout. Celles qui ne font pas tout bien et ne cherchent pas forcément à y parvenir. Celles qui parfois se demandent « mais pourquoi j’ai voulu des gosses déjà? » . Celles qui protégent leurs mômes, celles qui angoissent pour rien… mais ne font pas tout pour et autour de leurs gosses. Celles qui n’aiment pas jouer avec leurs enfants. Celles qui ne sont pas toujours prêtes à supporter les gosses des autres pour faire plaisir aux leurs. Celles qui pensent que leurs vies valent autant que celles de leurs progénitures. Celles qui ne font pas toujours passer leurs enfants en premier. Celles qui pensent que leurs envies et non-envies sont aussi importantes que celles des minis-elles. Parce qu’être mère ne veut pas dire renoncer, se forcer, être obligée. Pas tout le temps. Pas à tout prix.

Je suis cette mère qui ne dort que d’une oreille la nuit, à l’affut des problèmes enfantins nocturnes, mais qui, le jour levé, va débuter sa journée en savourant en solo son oreiller couverts de poils (je te parle toujours du chat!).

Mes enfants le vivent bien. Moi aussi. Le chat aussi.

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COMMENT EN EST-ON ARRIVÉ LÀ, CYRIL?

J’ai un aveu à te faire. Aux débuts de ton émission sur France 4, je te regardais au hasard d’un zapping. Ça me detendais. Un petit programme sans grand interêt si ce n’est celui de passer un petit moment sympa sans prétention qui valait mieux que l’ennui. Il n’y avait pas de mal à ça. C’est ce que je croyais.

J’ai un aveu à te faire. Tu es arrivé sur feue D8 et on t’a regardé souvent, tous les jours ou presque. Avec les enfants. On se marrait. On est bon public dans la famille. On est du genre à chanter « qui a du caca kaki collé au cucul » . Alors nous avons chanté tes sardines, abusé de ton « dans ton cul » sans nous poser de question. Il n’y avait pas de mal. C’est ce que je croyais.

J’ai un aveu à te faire. On a tenu plusieurs mois, à rire, écouter d’une oreille, parfois deux. A assumer. A le vivre bien. A parler de toi à table avec une certaine sympathie rigolarde. A danser des épaules. A jouer à « tu l’as vu? » plus que de raison. On a tenu bon grâce à une bonne grosse fidelité paresseuse. Il n’y avait pas de mal. C’est ce que je croyais.

Pour ne je sais quelle obscure raison, nous sommes doucement passés à autre chose. Sans en prendre conscience, notre page tpmp se tournait doucement, presque imperceptiblement. Quand le hasard de la télécommande nous mettait face à toi, parfois nous riions, mais pas tout à fait comme au bon vieux temps, comme à nos débuts, quand la paresse nous rendait aveugle… parfois un certain dépit et un petit arrière gout amer apparaissaient même. Parfois nous ne comprenions pas pourquoi nous ne riions plus. Parfois nous ne nous souvenions plus ce qui avait bien pu nous faire rire. Il n’y avait pourtant pas de mal à ça. C’est ce qu’on croyait.

Pour je ne sais quelle obscure raison, nous avons finalement interdit aux enfants de regarder ton émission pas si familiale. Finalement, nous ne te regardons plus du tout depuis 2 ou 3 ans (plus? Le temps passe vite quand on est bien loin d’une personne). La lassitude et le recul nous ont sevrés, définitivement. Pour je ne sais quelle obscure raison, nous avons fini par totalement déserté C8 et toi. Obscures mais salvatrices raisons. Il n’y a pas de mal à ça.

L’histoire aurait dû s’arrêter là. Mais les réseaux sociaux et l’internet m’en ont raconté de belles pas si belles à ton sujet. Des polémiques honteuses. Des paroles douteuses. Des blagues méchantes. Des buzz  humiliants. J’en ai vraiment entendu des moches à ton sujet. Alors je suis revenue te voir une ou deux fois, pour me faire ma petite idée sur ton petit sujet. Je n’ai plus ri. Je n’ai pas compris. Je ne parle pas ici de ton équipe qui a la dignité qu’elle mérite. Je parle de tes  « je l’adore » qui répandent une sale odeur de moisi. De tes « mes chéris » qui sentent « mes couillons ». De tes « cadeaux » qui ressemblent à des points de fidelité. De tes « on se dit tout vous savez ici » qui empestent la fake news. Du buzz à tout prix. De tes blagues gratuites auprès de ceux qui n’ont rien demandé à personne. De celles qui puent la crasse. De ta bonne conscience pavée de fausses bonnes intentions qui t’autorisent trop et ne peuvent tout excuser. Elles sentent le mensonge et écrasent le respect. Il y a du mal à ça. C’est ce que je crois. Comment on en est arrivé là, Cyril?

Tu as raison sur un point Cyril. La télé c’est que de la télé. Malgré tout, elle mérite mieux. Nous méritons mieux.

 

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MAMAN, ET SI LA DAME DEVIENT PRESIDENTE?

« Maman, j’ai trop hâte qu’on soit dimanche pour aller voter!
– Ah bon?!
– Oui. Moi quand je serai grande je vais voter. Parce que Hamon a dit qu’il fallait battre l’extrême droite!
– Euh… comment tu sais ça?
– On en parle à l’école dans la cour! Et L’extrême droite c’est des racistes tu m’as dit.  Et moi je suis noire alors il faut pas que la dame pas gentille elle soit présidente de la France. Donc je rêve qu’on soit dimanche pour aller voter. On saura quand qui a gagné?
– Dimanche soir.
– Si la femme elle est présidente comment je vais faire moi?
– On va faire en sorte que ça n’arrive pas…
– Tout le monde va voter contre elle alors?
– Non. Certains contre elle, d’autres pour elle. Certains ne voteront pas.
– Mais il faut que tout le monde vote, sinon elle va devenir présidente et elle aime pas les noirs! Ceux qui votent pas ils sont racistes alors?
– Non. Pas forcément.
– Ben alors pourquoi ils laissent l’extreme droite gagner?
– Parce qu’ils n’aiment pas Macron non plus.
– Macron il est raciste aussi?!
– Non.
– Ben alors? Pourquoi ils ne votent pas pour lui les gens qui veulent pas voter? Parce que si la dame le pen elle est présidente, comment je vais faire?
– On fera en sorte que ça n’arrive pas.
– Ben oui mais si ça suffit pas?
– On verra… on te protegera. »
Et vous? Vous la protégerez? 
Extrait d’une discussion avec ma fille, 7 ans, CE1. Réalisé sans trucage. 
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ILS ONT COMMENCÉ PAR SUPPRIMER QUELQUES LIVRES ET COMPTER DES ENFANTS…

Je ne voulais pas. Je ne voulais pas critiquer, faire la morale. Je voulais comprendre. Je voulais accepter le choix de l’abstention. Mais voilà, je n’y arrive pas. Le prix à payer est bien trop élevé. Le prix à payer c’est la vie de ma fille, trop noire pour certains.

Je ne voulais pas juger. Mais voilà, je n’y arrive pas. Je comprends le ras le bol, le sentiment d’être pris pour des cons. J’éprouve aussi ce sentiment. Il me fait mal. Il me fout en colère. Je comprends ce sentiment, mais il n’excuse pas l’abstention.

Je ne voulais pas voter au second tour si mon candidat du premier tour n’y était pas. Mon candidat n’y est pas. Pourtant je vais voter. Je ne vais pas voter pour un candidat, pour valider son programme. Non. Une fois encore je vais voter contre une candidate. Parce que tout vaut mieux qu’elle.

Je ne voulais pas voter utile au premier tour. Je n’ai pas voté utile. Je ne voulais pas voter utile pour le second tour. Je voterai utile. Parce que rien ne pourra être pire que le fascisme. Parce que je dois protéger mes enfants, la petite association de quartier, ma liberté d’expression, la culture, les cours d’histoire à l’école,  l’information…

Je ne voulais pas de Macron. Mais je veux encore moins être coupable d’avoir laissé une Le Pen s’installer à la présidence. Tous ces racistes qui n’osent pas encore agresser, trier, discriminer, verraient son élection comme une porte ouverte… une terrible et terrifiante porte ouverte.

Comme Hamon, je distingue adversaire politique et ennemi de la république.

Je ne veux pas que la France devienne une vaste ville FN où l’on supprime des livres des bibliothèques, ferment la porte d’associations, où l’on apprend aux enfants que Pétain c’était pas si pire. Je ne veux pas d’une France où l’on trie les enfants supposés musulmans à l’école…

Quelque soit l’élu, l’avenir sera difficile et fait de combats. Mais dans un cas, ceux qui n’ont pas la bonne couleur, la bonne religion ou la bonne nationalité en souffriront plus encore ou seront exclus du jeu.
Ce racisme qui sera violent, nous avons moyen de nous l’épargner. Ce n’est pas le pouvoir que je voulais donner à mon vote… mais c’est finalement celui que je lui choisis. Parce que c’est mieux que rien. Je préfère que tout le monde en prenne plein la tête,  plutôt que de laisser les noirs, musulmans et juifs se débrouiller avec les fascistes..

S’abstenir, c’est accepter l’idée que tout cela peut arriver… mais que tant pis. S’abstenir, c’est se sentir suffisamment en sécurité dans sa peau de petit français bien blanc au point de ne pas craindre le fascisme. S’abstenir, c’est tout le contraire de résister. S’abstenir, c’est abandonner l’idée de la république. S’abstenir, c’est retenir la porte du pire avec le pied, pour que les électeurs du FN puissent l’ouvrir complètement ensuite.

Je ne voulais pas. Mais ceux qui permettront cela seront coupables de non assistance à personne en danger, non assistance à pays en danger, non assistance à liberté en danger, non assistance à république en danger.

Aux abstentionnistes: pourrez-vous regarder encore ma petite fille toute noire dans les yeux après avoir voté Le Pen? Vous sentez-vous capables d’assumer une France raciste et chaotique sans tenter quoique ce soit pour l’éviter?

Je voulais me taire. Je n’ai pas pu. Je vais voter contre… pour protéger mes valeurs du pire.

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